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mardi 1 janvier 2019

250 000 influenceurs et décideurs

Bénévolat de compétence! Une guide bénévole met en valeur 
les collections du Musée des Beaux-arts du Canada à Ottawa.

Le saviez-vous?

Vous êtes 250.000 influenceurs et décideurs dans le monde caritatif! Ce sont les bénévoles clés des organisations caritatives canadiennes. D'une manière ou d'une autre vous aidez à disséminer les ressources financières, professionnelles et bénévoles de 86.000 organisations dont les missions visent 
  • l'éducation du préscolaire à l'universitaire;
  • les musées et bibliothèques;
  • les soins de santé incluant cliniques, hôpitaux et établissements spécialisés;
  • la vie spirituelles et leurs missions, et 
  • tout le domaine des services à la collectivité telles que les agences de Centraide ou encore les banques alimentaires. 

Ces 250.000 personnes que je circonscris comme groupe correspondent aux membres des conseils d'administration des organismes de bienfaisance.

Quel est leur rôle? Quel est votre rôle?

En ce début d'année 2019, je vous propose quelques pistes de réflexion:
  1. Tout d'abord, bien comprendre les besoins de votre communauté. Votre cause est un observatoire autant qu'un lieu d'action. Il y a de ça 50 ans, avoir un téléphone mobile était un besoin marginal. Aujourd'hui, c'est l'outil de base de la présence sociale. Autrefois tâche déléguée au personnel clérical, aujourd'hui toutes et tous savent opérer une application de traitement de texte. Le petit diabète d'autrefois est maintenant une situation répandue à grande échelle. Qu'en est-il de l'évolution générale du contexte dans lequel évolue votre cause?
  2. Une contribution importante des organismes de bienfaisance est la possibilité de documenter ces besoins selon des perspectives originales. Cependant, il importe de les fonder sur des faits, des mesures définies qui donnent un aperçu représentatif d'une ou de plusieurs situation. À cet égard, il ne s'agit pas que de citer quelques autorités morales ou scientifiques. Il s'agit pour chaque cause de constituer son savoir-faire de l'identification du besoin à sa résolution. Qui sont les bénéficiaires de votre cause? Quels sont leurs besoins? Comment identifiez-vous ces besoins? Comment les mesurez-vous?
  3. Les bénévoles sont au cœur de la réalisation de la mission de votre organisation. Bien entendu, suivre un protocole médicale ou enseigner demande du personnel professionnel. Quel(s) rôle(e) réservez-vous aux personnes bénévoles de votre organisations? En quoi les bénévoles de votre organisation font-elles/ils la différence? En quoi sont-elles/ils irremplaçables?
  4. Les ressources financières sont incontournables. Avez-vous bien définis vos objectifs de financement? Correspondent-ils aux besoins de votre cause et de ses bénéficiaires? Certaines clientèles et leurs besoins sont-ils prioritaires par rapport à d'autres? Votre stratégie de développement est-elle bien définie et évaluée régulièrement?
  5. Disposez-vous d'un rapport annuel? Les communications sont essentielles. Dès le début du XXième siècle il est possible de lire dans les journaux l'encombrement des boîte à lettres. Comment structurer la diffusion de votre documentation? Quels moyens de diffusion utiliser? Il s'agit de beaucoup que de trucs marketing. Pourquoi solliciter uniquement les personnes qui ont effectuées un don l'année précédente? Pourquoi solliciter aléatoirement des personnes sans lien connu avec l'organisation?
Il est important de se donner des modèles, de les essayer est d'évaluer continuellement les résultats obtenus et leur pertinence. Il existe plus de 5000 stratégies de communication répertoriées. Prenez le temps d'établir la vôtre et de la revoir aussi souvent que nécessaire afin de la renouveler à la lumière de l'évolution des besoins de vos bénéficiaires, de vos bénévoles et contributeurs caritatifs et subventionnaires publics et privés.    

Voilà quelques exemples de point de départ. Aimeriez-vous en discuter davantage? Écrivez-moi!

François Poulin









   

jeudi 1 juin 2017

Qu'avons-nous appris ensemble?


En cette journée d’anniversaire de ma présence sur les réseaux sociaux, je vous exprime ma reconnaissance pour votre accueil et l’intérêt que vous manifestez pour mon initiative en soutien aux organismes de bienfaisance. Je vous remercie pour les différents gestes que vous posez lorsque vous prenez connaissance de leurs messages, votre attention, l’ouverture des billets des carnets en ligne, des sites web, des liens permettant de faire des dons. Ces interactions donnent des résultats. En voici quelques-uns.

Depuis le 1er juin 2015, j’ai publié 43 800 messages d’organismes de bienfaisance, 3 000 messages d’encadrement, 100 billets en ligne portant sur la philanthropie et l’innovation sociale, et contribué en votre compagnie à générer 36 millions de lectures et d’interactions sur les réseaux sociaux par l’entremise d’un auditoire de 14 000 abonnés rayonnant auprès de 2,5 millions de Canadiennes et Canadiens. Grâce à leurs abonnements aux chaînes caritatives que je pilote sur les réseaux sociaux, plus de 400 organismes de bienfaisance se prêtent à cette expérience unique en son genre. Ma gratitude aux gestionnaires de communauté, souvent bénévoles, pour les messages mettant en valeur les organismes pour lesquels ils et elles œuvrent avec «tout leur coeur» comme me le rappelait dernièrement l’une de ces personnes.

Au plan financier, les messages caritatifs diffusés génèrent des dons variés pour les organismes de bienfaisance : bénévolat, biens, argent et testaments! Il est difficile d’établir avec certitude la valeur financière de cette philanthropie, mais elle se situe entre 325 000$, valeur intrinsèque estimée de la diffusion des messages, et 2,8 millions de dollars, valeur probabilitaire de l’ouverture des liens pour effectuer des dons et du bénévolat. L'équivalent d'un téléthon ou d'une campagne annuelle pour la majorité des organismes de bienfaisance.

Qu'avons-nous appris ensemble?

Les messages des organismes de bienfaisance vont bien au-delà des nombres. S'éclairant les uns les autres, les contenus caritatifs permettent d'approfondir la compréhension des besoins communautaires et des solutions disponibles de même que de prendre connaissance des transformations suggérées par les innovations sociales. Une éthique de la connaissance prend forme sur les réseaux sociaux dans laquelle les organismes de bienfaisance et leurs usagers ont beaucoup à dire.

L'attention que vous portez aux messages et les gestes que vous posez en ligne qualifient et articulent l’information caritative au Canada et dans le monde. Vos qualités personnelles et professionnelles ont une importance véritable. Votre discernement ainsi que votre enthousiasme permettent à d’autres personnes de se faire une meilleure idée du partage et de la générosité au XXIe siècle. Votre présence fait une différence!

Au-delà de la vie des mots, vos présences et échanges créent des amitiés en ligne qui sont bien réelles! Certaines sont professionnelles, d’autres philanthropiques et quelques-unes très personnelles. Chacune contribue à mieux connaître le monde. Je vous en suis reconnaissant et je vous en souhaite autant de tout coeur!

Au plaisir de nos échanges à venir,

François Poulin

jeudi 10 septembre 2015

Le partage par l'attention à autrui

Bonjour!

Dans ce carnet, nous nous intéressons à toutes les formes du don. Ci-dessous, une illustration débordant le contexte canadien à proprement parler. Un chauffeur de taxi newyorkais prend une décision simple, à la fois professionnelle et personnelle. Il nous rappelle l'importance et la grandeur de l'attention, comment le moment rejoint la grandeur de l'humanité.

Bonne lecture!

Source:http://www.espacebuzz.com/en-embarquant-cette-vieille-dame-ce-chauffeur-de-taxi-ne-pensait-pas-que-ca-changerait-sa-vie.html

Un Taximan new yorkais raconte :

Je suis arrivé à l'adresse et j’ai klaxonné. Après avoir attendu quelques minutes, je klaxonne à nouveau. Comme il s’agissait de ma dernière course de la journée, je pensais partir, mais finalement je me suis stationné et puis je me suis dirigé vers la porte et j’ai frappé.

« Juste une minute », a répondu la voix. Je pouvais entendre quelque chose qui traînait sur le plancher.

Après une longue pause, la porte s'ouvrit. Une petite femme de 90 ans se tenait devant moi. Elle portait une robe imprimée ainsi qu’un chapeau et ressemblait à un personnage de film des années 1940.

À côté d'elle il y avait une petite valise en nylon. L'appartement donnait l’impression de ne plus être habité depuis des années. Tout le mobilier était recouvert de draps.

Il n’y avait pas d'horloge sur les murs, pas de bibelot ni aucun ustensile sur les comptoirs. Dans un coin il y avait une boîte en carton remplie de photos et de verrerie.

« Pourriez-vous porter mon bagage jusqu'à la voiture? ». 

J'ai porté la valise jusqu’à mon véhicule, puis je suis retourné près d’elle pour l'aider.

Elle ma pris le bras et nous avons marché lentement vers le bord du trottoir.

Elle n'arrêtait pas de me remercier pour ma gentillesse. « Ce n'est rien », lui ai-je dit « J'essaie simplement de traiter mes passagers comme j’aimerais qu’ils traitent ma mère ! » 

« Oh, tu es un bon garçon », dit-elle. Quand nous sommes arrivés dans la voiture, elle m'a donné une adresse, puis m’a demandé: 
« Pouvez-vous passer par le centre-ville? »,
« Ce n'est pas le chemin le plus court», ai-je répondu.
« Oh, cela ne me dérange pas », dit-elle. « Je ne suis pas pressé. Je me rends au centre de soins palliatifs. »

J'ai regardé dans le rétroviseur. Ses yeux scintillaient. « Je n'ai pas de famille » reprit-elle d'une voix douce. « Le docteur dit que je n'en ai plus pour très longtemps. » J'ai discrètement arrêté le compteur.
« Quelle route voudriez-vous que je prenne? » Demandai-je.

Pendant les deux heures qui ont suivi, nous avons roulé à travers la ville. Elle m'a montré le bâtiment où elle avait travaillé comme opérateur d'ascenseur.

Nous avons traversé le quartier où elle et son mari avaient vécu quand ils étaient jeunes mariés. Elle m’a fait m’arrêter devant un entrepôt de meubles qui était à l’époque une salle de bal où elle était allée danser lorsqu’elle était jeune fille.

Parfois, elle me demandait de ralentir en face d'un bâtiment particulier ou dans un coin et s'asseyait le regard perdu dans l'obscurité, sans rien dire.

Lorsque le soleil commença à rejoindre l'horizon, elle dit soudain: « Je suis fatiguée j’aimerais y aller maintenant ».

Nous avons roulé en silence à l'adresse qu'elle m'avait donnée. C'était un petit édifice, comme une petite maison de convalescence, avec un portique pour rentrer dans une allée.

Deux infirmiers sont sortis et se sont dirigés vers le taxi. Ils étaient très attentionnés et surveillaient tous les mouvements de la vieille dame. Visiblement ils attendaient son arrivée.

J'ai ouvert le coffre et porté la petite valise jusqu’à la porte. La femme était déjà assise dans un fauteuil roulant.

« Combien vous dois-je? » M’a-t-elle demandé, en ouvrant son sac.

« Rien » lui dis-je.

« Vous devez gagner votre vie », répondit-elle.

« Il y aura d'autres passagers, » ai-je répondu.

Presque sans y penser, je me suis penché et lui ai donné une accolade. Elle me serra fort. « Vous avez donné un petit moment de joie à une vieille dame », dit-elle. « Je vous remercie. » Je lui serrai la main, et me retournai. Derrière moi, une porte a claqué, c’était le bruit d'une vie qui se termine.

Je n’ai pris aucun passager le reste de ma course. J'ai conduit sans but, perdu dans mes pensées.

Je n’ai pratiquement pas parlé le reste de la soirée. Que se serait-il passé si cette femme avait eu à faire à un chauffeur en colère, ou à quelqu’un d’impatient et pressé ? Et si j’avais refusé de prendre la course, ou juste klaxonné plusieurs fois avant de partir sans attendre ?

Après réflexion, je ne pense pas avoir fait quelque chose de plus important dans ma vie.

Nous sommes conditionnés à penser que nos vies tournent autour de grands moments. Mais les grands moments sont souvent des jolis petits instants auxquels nous ne prêtons pas assez attention.»